Julien Lourau Quartet Saigon, Live au Sunside

julienlourau.jpg88 + 83 + 79 = … Faites le calcul. En 3 posts, ce blog a, 1) enterré un grand guitariste de Jazz, et 2) pris 250 ans dans la vue! Heureusement, Julien Lourau était là pour rajeunir ces pages avant qu’elles ne deviennent le spot préféré des octogénaires (ce qui rendrait Laure Alberhne folle de rage ;-) ).

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saigon-2.jpgOn a toujours pas vu les gratte-ciels, les nuées de cyclomoteurs, le marché flottant et le défilé des chapeaux de paille, et pourtant le Sunside avait la semaine dernière des faux airs de Saigon. On y a vu des micros, ceux de TSFjazz, un couple de japonais de passage, pour un cours d’anatomie plus que de musique, et Anne Ducros entre 2 séances photos de son prochain album… On y a entendu, surtout, ce fameux Quartet Saigon de Julien Lourau et Laurent Coq. 2 musiciens de la même génération qui se sont croisés, dé-croisés et re-croisés sur les routes du Jazz, avant de se retrouver à New York en 2008, et à Saigon-sur-Seine en 2010…

 

Quartet Saigon, live au Sunside

“15 Euros, moins cher qu’à la Fnac”… L’inévitable intro de Stéphane Portet fait toujours rire Laurent Coq, parce qu’on est pas sûr qu’ils soient moins chers qu’à la Fnac, les CD’s du Sunside… Et parce qu’on est encore moins sûr qu’il reste des Fnac à Paris, mais c’est un autre débat. On notera que le batteur Otis Brown III est resté à Saigon et que ce n’est pas une énième manifestation du volcan Ejhafjöll (on parle d’ailleurs d’effet Ejhafjöll), mais la faute à un emploi du temps non-concordant. On parle alors d’effet O.B.three!

Ceci-dit, avec les beats furieux que décoche Donald  Kontomanou dès les premières mesures de Worship, on se dit qu’on a rien perdu au change, et qu’Otis peut retourner jouer dans sa cage d’ascenseur. En plus, Donald Kontomanou a une attitude très intéressante, à la fois dans la peau du joker de luxe, de celui qui apprend et de celui qui montre déjà… Bref, du 20/20! A ses cotés, Thomas Bramerie, imposant comme un Josh Homme des Queens Of The Stone Age (si, si!) délivrera pendant le premier set l’un des plus beaux (et moins soporifiques!!!) solos de ces derniers temps, la contrebasse bien ancrée dans la terre. A gauche, c’est un Laurent Coq studieux qui joue les John Lewis sur une composition de Lourau. Impeccable main droite… Et si Bach avait dédié un menuet à Saigon??? En tout cas, entre le pianiste et son leader, il y a du respect dans l’air. De l’entente et de l’écoute aussi, et un brin de coquetterie qui fait qu’en général, quand l’un compose, l’autre prend les chorus… Parfois même, Laurent Coq joue les fantômes pendant que Julien Lourau s’essaie au trio façon Rollins ou Ornette Coleman. Ceci-dit, à force d’enfiler les costumes (Coltrane quand il passe au soprane, Roland Kirk quand il joue les clefs de son sax comme des tablas…), celui-ci fini toujours par trouver son propre personnage, celui d’un artiste acquis à la mondialisation des sons, aventurier et toujours un peu casse-cou, capable de rencontrer la Rumba à Paris (voir Rumbabierta) et de retrouver un pianiste français… A New York! Un itinéraire passionnant. Sans doute ce que l’on appelle l’effet Saigon

Enfin, tirage de chapeau à nos confrères du Sunside qui programment le même groupe 5 soirs de rang. Mardi le quartet venait d’atterrir rue des Lombards, un peu jetlagué, un peu à tâtons (Donald Kontomanou en a cassé sa batterie). 2 jours plus tard, c’était déjà autre chose, avec des compositions inédites et 4 musiciens bouillants pour une énorme claque, et un plaisir communicatif…. C’est l’effet Saigon N°2!

 

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Julien Lourau/Quartet Saigon, c’était la semaine dernière au Sunside, et c’est toujours en podcast sur le www.tsfjazz.com rubrique jazzlive. A ne pas manquer cette semaine, d’autres signatures du label Naïve, toujours au Sunside: Baptistre Trotignon et Alex Tassel. Plus d’infos par ici



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