Herbie For President!
janvier 31st, 2012
Hier soir, the Jazz place to be était le 7 place de Fontenoy plutôt que la rue des Lombards. Ambiance « soirée de l’ambassadeur » à l’Unesco dont on percevait rapidement – comme dirait Pierre Bouteiller – « toutes les harmoniques » : Cerbères fermes mais courtois, portiques de sécurité façon Roissy Charles-de-Gaule, courbettes et sourires forcé des hôtesses, tailleurs, robes, costumes, citoyens du monde, élites parisiennes, gens de Culture, gens des médias, et Ariel Wizman en dandy-présentateur.
Loin de tout ce raout, le jazzfan – qui avait rusé pour obtenir des invitations – attendait de pied ferme la fin du protocole. Non pas que le discours de la Présidente et les vidéos des 40 ans du programme de conservation du patrimoine mondial ne l’eurent point ému… Mais l’objet de sa soirée était pour lui – nous, vous, moi – bel et bien musical. Herbie Hancock, ou plutôt Son Excellence, offrait un concert privé pour célébrer son engagement comme Ambassadeur de Bonne Volonté.
Après un discours à la fois plein d’aisance, de gravité et de classe américaine, on imagine que Mr. Hancock pourrait chiper la place d’Obama haut la main: il est déjà un fervent démocrate, et voit d’un Å“il gourmand les errements des candidats républicains à l’investiture, notamment en matière de politique étrangère. Après une bonne dizaine d’albums cultes, un Grammy Award pour River: The Joni Letters et son support à Obama en 2008, je me disais en l’interviewant que le pianiste est devenu un véritable homme d’État… Notre Bono à nous, peuple du Jazz.
Pour l’occasion Herbie Hancock avait monté un groupe inédit et définitivement excitant! Corrine Bailey Rae, dont on me souffla qu’elle serait « la nouvelle Nina Simone », Esperanza Spalding échappée de sa promo pour Radio Music Society, un clavier relativement anonyme, et Manu Katché, qui employa tous les artifices pour montrer qu’il était heureux d’être là , remplissant l’espace de tourneries binaires pleines de cymbales clinquantes et de breaks gonflés aux hormones… La rumeur dit qu’à l’heure qu’il est, « la Brigade du Swing serait à ses trousses »… Possible! Pendant ce temps, Corrine Bailey Rae et Esperanza Spalding emportaient le show grâce à un duo plein de malice: Pyramid, composé spécialement pour l’occasion, s’ouvrait sur un jeu de quatre-main, comme à la récré, avant de partir en tube Funk imparable sous le regard charmé (on le serait pas moins…) de Son Excellence.
On eut le droit aussi à un extrait exquis (et sucré) de River, servi par la voix fragile de Corrine. Un standard – How Deep Is The Ocean – et deux jolies cerises pour finir: Maiden Voyage en trio acoustique (ou comment assouvir le fantasme de votre serviteur…) puis Cantaloupe Island en mode funk, plus à la US3 qu’à la manière originale de Tony Williams.
A l’arrivée, 6 titres : c’était à la fois trop peu, bien sûr, mais déjà terriblement chic! Prochain rendez-vous à l’Unesco le 27 Avril, puisque le Jazz y reviendra, toujours grâce à Herbie Hancock et son projet d’International Jazz Day. Ce jour-là , la Nouvelle-Orléans se réveillera au son du Jazz et les plus grands feront la Jam au siège des Nations-Unies. TSFjazz sera, bien sûr, de la partie, tout comme nos amis cerbères qui retinrent notre Pierre Bouteiller à l’entrée de l’Unesco… Fallait pas rater ça!

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Un jour, le chef-patron entre dans mon bureau avec deux intégrales de Bill Evans chez Riverside et Fantasy, soit un corpus de 18 CDs pour 1080 minutes de musique. On fête alors les 50 ans d’Explorations, disque profond et sombre, post-moderne et vaporeux qui doit être au trio de piano ce que la Trilogie New-yorkaise d’Auster est au roman policier… 1080 minutes plus tard – la solitude d’un bureau au mois d’Aout permet ce genre de choses – le terreau était plus que fertile pour accueillir Further Explorations de Chick Corea, Eddie Gomez et Paul Motian, enregistré 30 ans après la mort d’Evans lors d’un run de deux semaines au Blue Note de New York.
Les dieux de l’aéropostale étaient ligués contre moi, mais après un mois d’angoisse et de coups-de-fil en mode offensif, voilà l’objet sur la platine. At last we will have revenge!… Nous sommes à Pittsburgh en 1965, et si vous avez déjà entendu Ahmad Jamal faire son grand numéro sur le sujet, vous savez que Pittsburgh est la ville natale de Ray Brown, Paul Chambers, Billy Strayhorn, Art Blakey, Erroll Garner, Lena Horne, George Benson, Kenny Clarke
C’est le genre de petites balles qu’affectionne Monty Alexander, qui lâche un grand sourire lorsque j’évoque le disque en interview. On croirait entendre le jamaïcain dans ses Å“uvres? En réalité, on est face au tout meilleur trio du début des sixties : Leroy Vinnegar à la basse, Ron Jefferson à la batterie, et Les McCann au piano, futur complice d’Eddie Harris avec qui il gravera les mythiques « Cold Duck Time » et « Compared to What » sur la scène de Montreux (un lieu cher à … Monty Alexander! ). Le pianiste a refusé l’invitation du Cannonball Adderley 5tet (il aurait pu chiper la place à Joe Zawinul…) pour créer ce trio qui au bavardage technique, préfère la chaleur de la Soul et du Gospel. Faire Monter la sauce, quoi!
Comme disaient les Neg Marrons: « On fait le Bilan, calmement en s’remémorant chaque instant »… Bref ! Après avoir divulgué nos disques de l’année dans 
La mode des adorables kittens continue avec ce blog détournant les pochettes de disques mythiques. Si vous n’aimez pas les chatons vous allez hurler… Sinon, vous serez obligés d’admettre que c’est trop mignon! Voici donc 


