Les Fantômes du Delta, Aurélien Molas, Albin Michel, mars 2012

Présentation de l’éditeur :
« Le Delta du Niger, l’enfer sur terre : marées noires dévastatrices, paysans réduits à la famine, guérilleros traqués par des militaires sanguinaires. Pour les multinationales qui en exploitent l’or noir, une manne. Mais aujourd’hui, elles ont peut-être trouvé mieux que le pétrole… Face à leur cynisme, que pèsent les idéaux de deux médecins humanitaires bien décidés à ne pas les laisser faire ?
L’Afrique et ses fantômes hantent cette odyssée pleine de violence et de fureur. Eloge de l’espoir, fresque épique tout autant que thriller, Les Fantômes du Delta confirme la force d’écriture, l’originalité et le talent d’Aurélien Molas pour instiller dans le suspense cette soif du mal qui ronge les hommes.
L’auteur :
Aurélien Molas a 26 ans. Il est né à Tarbes, a vécu à Madrid et habite maintenant Paris. Egalement scénariste pour la télévision et le cinéma, il travaille actuellement sur les prochains longs métrages de Fabrice Genestal (La Squale) et Fabrice Du Welz (Calvaire, Vinyan).
« Les Fantômes du Delta » est le deuxième roman d’Aurélien Molas. Son premier roman, « La Onzième Plaie » (Albin Michel, février 2010), salué par la critique et soutenu par les libraires, a été récompensé par le Prix Sang pour Sang Polar du premier roman policier, le Prix Raisin Noir, le Prix Noir de Noir des Lycéens et le Prix Polars Pourpres Découverte. »
L’histoire : Benjamin Dufrais et sa collègue Megan, tous deux médecins de MSF, se retrouvent au Nigéria pour lutter contre la malnutrition et aider les réfugiés.
Au même moment, le MEND (Mouvement d’Emancipation du Delta), dirigé par Yaru Aduasanbi et Henry Okah mène une lutte pour libérer le pays. Mais il leur fait de l’argent pour financer la révolution. Le MEND kidnappe alors une petite fille, Naïs, dont les « pouvoirs » génétiques peuvent changer le monde.
Chacun veut mettre la main sur cette fillette dont la valeur financière dépasse l’imagination.
Benjamin et Megan vont tenter de sauver Naïs. C’est le début d’une traque infernale et d’une descente aux enfers.
Avec « Les Fantômes du Delta », Aurélien Molas réussit une parfaite synthèse de thriller, de roman d’aventures et de roman noir, le tout servi par une écriture parfaite.
L’auteur décrit un Nigéria ravagé par la folie de l’Or Noir, les catastrophes écologiques déclenchées par des multinationales sans scrupule… un Nigéria ruiné par la corruption qui sévit à tous les étages de la société ; et par les vengeances ethniques en cascade, le tout sur fond de croyances et de superstitions d’un autre temps.
Morceaux choisis :
(p. 41) : « Le Defender longea un pipeline rouillé, couvert de mousse, qui déversait un jus noirâtre dans les eaux. Tout autour, la jungle africaine se mourait. Les arbres se retrouvaient nus, d’une blancheur spectrale, et ressemblaient à des ossements fichés en terre pour une cérémonie rituelle. »
(p. 47) : « L’homme affichait un ventre rebondi qui tendait les boutons de sa chemise et l’allure fatiguée d’un fonctionnaire proche de la retraite. Benjamin ne put s’empêcher de penser que, pour être aussi en une région où la plupart des habitants crevaient de faim, il fallait soit avoir un dérèglement hormonal massif, soit s’empiffrer avec l’aide alimentaire destinée aux pensionnaires. »
(p. 116) : « Il connaissait par cœur les superstitions locales, ces croyances qui avaient, par exemple, poussé des villageois de la région de Calabar à enterrer vivantes vingt femmes enceintes pour rendre la terre fertile […] ils avaient besoin de croire que des esprits hantaient ce monde et protégeaient leurs familles. Sinon que leur restait-il ? »
A aucun moment Aurélien Molas ne tombe dans le piège du manichéisme. Il ne s’agit pas d’opposer les gentils Noirs aux méchants Blancs, ni même les gentils libérateurs aux méchants dictateurs… Chaque camp possède ses terribles faiblesses et ses tares. Le meilleur des hommes peut devenir le pire des bourreaux sous l’emprise de la douleur ; ou simplement de la cupidité.
Aurélien Molas (d)écrit les âmes avec un talent fou. A chacun de se frayer un passage dans cet enfer et de se constituer sa vérité.
Le monde du polar peut compter sur cet auteur. Il n’a que 26 ans. The best is yet to come !




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