Histoire du 36 illustrée, Claude Cancès et Charles Diaz, Jacob-Duvernet, oct. 2011

S’il existe un lieu mythique et chargé d’histoire au sein de la PJ, c’est le 36, quai des Orfèvres, situé sur l’île de la Cité, à Paris.
Le « 36 » a inspiré des dizaines de scénaristes et de cinéastes, de Simenon à Olivier Marchal.
Or, le fameux QG de la Police Judiciaire est sur le point d’être transféré dans le 17ème arrondissement pour des raisons de place.
Une page d’histoire se tourne, au propre comme au figuré, et deux auteurs, Claude Cancès, ancien patron de la PJ et Charles Diaz, historien de la PJ, se sont associés pour nous livrer une « Histoire du 36 illustrée »., qui vient de sortir en octobre 2011 aux éditions Jacob-Duvernet.
En 220 pages de texte, d’illustrations, de documents, dont la plupart sont inédits, les auteurs retracent les grandes étapes de la création du « 36 ».
On découvre que le « Service de Sureté » était d’abord abrité au 7, quai de l’Horloge de 1871 à 1888. Une lettre adressée par le Chef du Service de Sûreté à son Chef du Personnel nous apprend la date exacte du transfert au « 36 » : le 19 avril 1888.
On découvre les méthodes et les conditions de vie des premiers policiers de la Sûreté (qui ne portera le nom de « PJ » qu’en 1913). Ainsi, en page 36 (hasard des chiffres ?) on découvre la « Fosse aux Lions », une salle située au 2ème étage escalier A, dans laquelle tous les policiers prenaient leur tour de permanence de la sûreté, entassés dans des conditions effroyables, quelle que soit leur affectation.
On apprend aussi que les policiers affectés à la brigade des mœurs avaient un statut de pestiféré.
Mais les méthodes de la PJ ont évolué pour faire face à celles des truands.
Un petit flic, Alphonse Bertillon révolutionne l’enquête en permettant d’identifier les récidivistes grâce à la forme de leur nez, de leurs oreilles, et surtout grâce à leurs empreintes digitales. Avant lui, on faisait appel à des « moutons » placés en prisonet destinés à faire parler les détenus, ou à des policiers « physionomistes » pour tenter de repérer les récidivistes…
Le livre retrace les grandes affaires criminelles auxquelles ont été confrontés les super-flics de la PJ, depuis la « bande à Bonnot » en 1911-1913, jusqu’aux attentats terroristes des années 80-90, en passante par le gang des tractions en 45-49…
Quelques documents étonnants au fil des pages : (p. 84) Georges Simenon rend visite au commissaire Massu, à la PJ, un des inspirateurs de son célèbre Maigret ; (p. 119) les fiches signalétiques de la mondaine pour les établissements de passe ; (p. 154), des photos impressionnantes de la BRI (brigade d’Intervention Recherche) en action, etc.
En prime, un poster intitulé « Le Paris du Crime », dans lequel sont recensés 36 crimes célèbres, et les plus grandes figures du « 36 ».
Un livre-document réalisé avec passion par deux spécialistes.
Incontournable et indispensable !




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