« Nymphéas noirs » de Michel Bussi, Edition Terres de France, Presse de la Cité, janvier 2011

Présentation de l’éditeur : « Un étonnant roman policier dont chaque personnage est une énigme. Tout n’est qu’illusion, surtout quand un jeu de miroirs multiplie les indices et brouille les pistes. Pourtant les meurtres qui troublent la quiétude de Giverny, le village cher à Claude Monet, sont bien réels.
Au cœur de l’intrigue, trois femmes : une fillette de onze ans douée pour la peinture, une institutrice redoutablement séduisante et une vielle femme aux yeux de hibou qui voit et sait tout. Et puis, bien sûre, une passion dévastatrice. Le tout sur fond de rumeur de toiles perdues ou volées, dont les fameux Nymphéas noirs. Perdues ou volées, telles les illusions quand passé et présent se confondent. »
Michel Bussi est le chantre de la Normandie. Il a choisi de situer son intrigue à Giverny, le village de Claude Monnet. L’endroit, restitué avec minutie et précision, n’est pas seulement une « toile de fond » (avec et sans jeu de mot), c’est également un protagoniste du récit, et peut-être même le « personnage » central de l’intrigue. Sous la plume de Bussi, Giverny devient un univers inquiétant et étriqué ou chacun connaît tout du voisin, où une sorte de loi du silence étouffe les crimes et les passions, un décor faussement idyllique pour un drame en huis clos auquel assiste le lecteur médusé.
Le récit est raconté sous l’angle d’une vieille femme qui porte un regard désabusé et ironique sur ce petit monde qui l’a vu naître. Elle raconte à son rythme, comme une lente confession. Elle informe le lecteur qu’il y aura des morts et que personne n’y pourra rien. Visiblement, elle en sait long sur les drames qui agitent le microcosme givernois. Mais on ne comprend ni son rôle, ni son but. Rien ne semble l’étonner, comme si tout était prévisible et inéluctable. Les faits s’enchainent comme une fatalité : le meurtre d’un médecin volage, et quelques autres… Trafic d’œuvre d’art, secret de peintre, meurtre par vengeance, accident… Les suspects ne manquent pas. L’inspecteur Sérénac, malgré son intime conviction sur l’identité du meurtrier, ne parvient pas à rassembler les éléments du puzzle. Les légendes locales sont tenaces, le passé vient encore épaissir le mystère.
Bussi compose son roman par petites touches, comme un tableau impressionniste. Chaque révélation, ne fait qu’épaissir le mystère. Comme dans un tableau de Monnet, il faut prendre du recul pour y comprendre quelque chose.
La grande force de ce roman réside dans la résolution de ces énigmes. Le lecteur ne voit venir et comprend brutalement ce qui se passe en une seule phrase. Le rêve de tout auteur de polar. Bussi a frappé un grand coup avec ce polar. Ses « Nymphéas noirs » ont décroché plusieurs prix prestigieux : le prix des lecteurs du festival Polar de Cognac, le prix du polar méditerranéen (festival de Villeneuve-lez-Avignon), le prix Michel Lebrun de la 25ème heure du Mans, le Grand prix Gustave Flaubert de la société des écrivains normands, devenant ainsi le roman policier français le plus primé en 2011, et c’est bien mérité. A découvrir d’urgence !




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