“Police mon amour, chronique d’un flic ordinaire” Bénédicte Desforges, Ed Anne Carrière

juillet 5th, 2010

Bénédicte Desforges est Lieutenant de police en région parisienne depuis près de 25 ans. Elle a vendu 80.000 exemplaires de son premier livre « Flic, chroniques de la police ordinaire ».Dans ce deuxième opus « Police mon amour, chroniques d’un flic ordinaire », elle propose 57 courtes nouvelles de 3 à 4 pages en moyennes. Ce sont des instantanés, des moments pas ordinaires de vie de flic « ordinaire ». Des instantanés, pas des clichés. Nuance importante. Bénédicte, en bonne flic, présente les faits, juste les faits, sans entrer dans de complexes analyses, prises de position, jugement. Pas de manichéisme, ni de complaisance, ni de sensiblerie. Chaque lecteur « vit » la scène, comme au cinéma, et en tire ses propres conclusions. C’est une des forces de Bénédicte, le non-dit est bien plus fort que les récits eux-mêmes. Le récit renvoie au vécu du lecteur, qui le décortique et l’analyse à la lumière de sa propre expérience. Elle ébranle les convictions, fait naître le doute… Où sont les bons, où sont les mauvais ? Attention aux conclusions hâtives. On serait tenté de prendre position, mais tout est brusquement bousculé. Les commissariats sont truffés de cons et de planqués, mais aussi de passionnés intègres prêts à donner leur vie pour les autres. Et dans la rue ? Même constat. Les ordures sont légions, mais un truand peut parfois être meilleur qu’un flic… Ce livre est avant tout l’histoire d’une passion : celle de Bénédicte pour son métier de flic. On comprend qu’elle l’aime plus que tout, même si la réciproque ne semble pas toujours vérifiée…Au-delà des récits, il y a aussi – et surtout – le talent d’écriture. Les mots justes pour décrire sans emphase ni pathos les climats, les gens, les situations… Bénédicte plante le décor en quelques mots. Les acteurs sont déjà en place, criant de vérité et sentiments à nu. On navigue entre le tragique et le comique. Tragique : un flic « ordinaire » fait partie d’une patrouille qui ramasse les morceaux d’une déchiquetée par le train sous lequel elle vient de sauter. Routine sordide, qui vire au cauchemar quand le flic découvre qu’il s’agit de sa propre épouse.  Comique : un autre flic « ordinaire », en faction devant le poste de police, est ravi de recevoir un soir la visite de Darry Cawl. Il lui lance quelques vannes triviales, pour réaliser un peu tard que son visiteur n’est autre qu’un haut fonctionnaire venu effectuer une inspection surprise…Un livre qui se dévore comme un « page-turn ». Tournez la première page et vous ne pourrez plus le lâcher jusqu’à la dernière. « Police mon amour » Sur Facebook :http://www.facebook.com/pages/POLiCE-MON-AMOUR/107830752589674 Et aussi :http://police.etc.over-blog.net/ 

Le Vent t’emportera, Jean-Marc Souvira, Fleuve Noir

juin 16th, 2010

La présentation de l’éditeur : « Certains tuent de sang froid mais ne supportent pas de se voir dans un miroir…Août 2003. Le cauchemar recommence.
Trois femmes retrouvées à leur domicile parisien, entravées, le visage lacéré à coups de miroirs brisés. Sur leurs corps nus, un morceau de papier reprenant une phrase de l’Écclésiaste. Trois meurtres en tout point identiques à une autre série remontant à quelques mois. Mais dont l’auteur a déjà été arrêté…
Erreur judiciaire, mimétisme, complot ? Dans la touffeur de la canicule d’août 2003, les pistes s’ouvrent et se referment.
Un élément, quelque part, a forcément échappé aux policiers. Une évidence juste là, sous leurs yeux, de l’autre côté du miroir…
Comme dans Le Magicien, première enquête du commissaire Mistral, Jean-Marc Souvira allie à merveille ses deux univers : la police et l’écriture.
Le résultat ? Un thriller d’un réalisme total servi par un suspense implacable. Et surtout, un quotidien de flic livré à l’état brut, entre journées noires et nuits blanches. Comme si vous y étiez… »
Un polar nerveux et tendu, à l’image des protagonistes de ce récit (flics comme malfrats), une écriture efficace et sans fioriture. Police et malfrats jouent au chat et à la souris. Le jeu des indices, subtilement distillé par l’auteur, mettra peu à peu les policiers sur la piste du crime, invitant le lecteur à participer à l’enquête.Résultat : un suspense bien entretenu, des personnages crédibles et attachants. Un récit qui tient ses promesses jusqu’aux toutes dernières pages. Mais surtout, Souvira sait de quoi il parle, et ça se sent à travers les dialogues, les situations, les lieux, les personnages. ET pur cause, Jean-Marc Souvira est commissaire divisionnaire et exerce au sein de la PJ depuis 25 ans !La cerise sur le gâteau : le polar est imprégné de musique de jazz. Là aussi, à l’évidence, l’auteur connaît son sujet et cite, comme pour ajouter l’indispensable blue touch à l’intrigue étouffante (dans tous les sens du terme), John Coltrane (p. 67), Chet  Baker et Stan Getz (131), John Lee Hooker (268),  Miles Davis (418)… et même TSF, la radio 100% jazz !!! (p. 142).

Pour en savoir plus sur l’auteur :

http://www.plume-libre.com/index.php?option=com_content&task=view&id=418

 

Polar en plein coeur, LE premier salon du polar de Paris

juin 1st, 2010

A ne pas manquer : le salon “polar en plein coeur” (de Paris), aux “Blancs manteaux”, les 11, 12 et 13 juin.

Des animations, des auteurs prestigieux (même moi, c’est dire…), des hauts et débats, un prix littéraire…

http://polarenpleincoeur.over-blog.com/

http://polarenpleincoeur.over-blog.com/ext/http://www.livreaile.fr/

Le tout, organisé par une association sympa et dynamique ! 

Et… entrée gratuite ! ce qui est remarquable par ces temps de grand racket des organisateurs de “Salons du Livres” prestigieux où le visiteur est plumé avant même d’avoir acheté son premier livre…

Les Visages, Jesse Kellerman, Sonatine

mars 27th, 2010

Un jeune amateur d’art nommé Ethan Muller découvre une série de tableaux exceptionnels après la disparition de leur auteur, Victor Cracke, un artiste reclus. Quand Ethan Muller expose les tableaux, un flic à la retraite reconnaît dans l’un d’eux des portraits d’enfants disparus quarante ans plus tôt. Commence alors une enquête étourdissante. Ethan Muller va tenter de comprendre qui était le mystérieux Victor Cracke, qui a tué ces enfants, et pourquoi ils sont représentés sur ces dessins. Rien d’effrayant. Aucune scène véritablement insoutenable ici. Mais un vrai suspense qui ne trouve sa solution que dans la toute dernière page.

Le style est simple mais tout semble couler de source. Tout est crédible. Sa façon de raconter est immédiatement prenante. La psychologie des personnages est passionnante et très bien évoquée.

Jesse Kellerman est né en 1978. Il ne fait pas mentir le célèbre adage qui affirme « Bon sang ne saurait mentir » puisqu’il est le fils des écrivains Jonathan et Faye Kellerman. Les Visages est son premier roman publié en France.

Les grandes affaires criminelles de Seine et Marne, Sylvain Larue, De Borée Editions, octobre 2009

mars 18th, 2010

La présentation de l’éditeur : “Si l’attaque d’une malle-poste près de Vert-Saint-Denis en 1796 fut le point de départ de l’une des erreurs judiciaires les plus notoires de France, la tristement célèbre « affaire du Courrier de Lyon », il ne faut pas croire qu’il s’agisse là de la seule histoire criminelle digne d’intérêt en Seine-et-Marne ! Ce serait même une grave erreur ! Durant les deux derniers siècles, le palais de Justice de Melun, siège des Assises, a été le théâtre d’impressionnantes représentations. Voici, par exemple, dans le box des accusés, le récidiviste Poulmann évadé du bagne, l’avant-dernière femme guillotinée en France, et la fameuse bande des J3 qui passionna la presse d’après-guerre. Les homicides ont lieu à Meaux, Fontainebleau, Provins ou Lagny, aucun canton n’y échappe. Et la maison centrale melunaise, elle aussi, connaît des meurtres commis en son sein ! Ainsi coexistaient le crime et la justice à l’est de Paris : Les Grandes Affaires Criminelles de Seine-et-Marne vous proposent un plongeon dans ce passé judiciaire, en des temps pas si éloignés que cela, où le procès et la mort d’un assassin en place publique attiraient les foules…”
L’auteur : Après le succès de ses livres consacrés à la banlieue parisienne, Sylvain Larue se penche aujourd’hui sur la question de la criminalité en Seine-et-Marne. Il lève une nouvelle fois le voile sur « ses horreurs », comme il les appelle, entre bas-fonds et quartiers bourgeois. S’il s’est installé comme l’un des meilleurs spécialistes en activité de l’étude du monde criminel, il le doit notamment à la publication en octobre 2008 de deux livres de référence consacrés aux affaires emblématiques hexagonales, Les Grandes Affaires Criminelles de France, et Les Tueurs en série de France. Tel un conteur, l’écrivain vous entraînera dans une lecture captivante, mais faite à coup sûr d’angoisse et de frissons…”

C’est donc Sylvain LARUE à qui l’on doit déjà LES GRANDES AFFAIRES CRIMINELLES DE France et LES TUEURS EN SERIE EN France qui signe cet ouvrage qui couvre une période allant de 1827 à 2008.

Tout est réel et tout s’est déroulé à deux pas de chez nous… Un chapitre entier est consacré aux bourreaux, derniers maillons de la chaîne judiciaire, qui constituaient de véritables dynasties puisque la tradition voulait que la charge soit transmise de père en fils.

Mes ces crimes – souvent abominables – sont prétextes à décrire l’évolution de la société et l’évolution de la justice. Comme souvent, la réalité dépasse la fiction… Un vivier pour les auteurs de polars en recherche d’arguments !

We are the night, Kieran et Ozanam, Ankama editions, 25 mars 2010

mars 18th, 2010

C’est le premier tome d’une nouvelle série intitulée « We are the night » scénarisée par Antoine Ozanam (« Eclipse » chez Vents D’ouest) et dessinée par Kieran. Un polar qui est prévu chez Ankama Editions, le 25 mars 2010 dans la nouvelle collection « Hostile Holster ».

Synopsis de l’éditeur : Au cœur de la cité lyonnaise, les destins se croisent et s’entrechoquent dans le premier tome de cette singulière histoire noire. Les auteurs nous dressent le portrait de dix-neuf personnes qui ne se connaissent pas forcément. Espoirs, désirs, complots et rencontres lieront ces personnages embarqués dans une moitié de nuit fort agitée…

L’histoire commence à 20 heures à Lyon. Un homme se réveille. Il se rend dans un bar pour siffler une bière, sa route croise celle de deux policiers un peu branques. Peu après, Malika, une jeune black retenue par sa mère, car elle a peur que des garçons s’intéresser à elle alors qu’elle est déjà promise au mariage, va s’évader de chez dans le but de perdre sa virginité. Au même moment, mais ailleurs, une femme s’habille et annonce à son mari qu’elle va retrouver l’une de ses amies, mais le mari n’est pas dupe, il sait qu’elle voit un homme, et il décide de se venger…

Le scénario nous ballade ainsi d’un personnage à l’autre, sur 19 personnes, qui au final se croisent le temps d’une nuit.

Le film Collision (de Paul Haggis) avait déjà exploité cette forme de narration. Ozanam lui emboîte le pas et revendique ses influences cinématographiques.

Plus encore que les personnages eux-mêmes, la ville nocturne, théâtre idéal du roman noir, tient sans doute le premier rôle. 

C’est passionnant, bien raconté. Malgré le nombre de protagonistes, on n’est jamais perdu. Comme dans un puzzle, les pièces s’agence peu à peu les unes par rapport aux autres. On suit avec intérêt ces 19 destins et ces 19 mini-histoires à haut risque. On n’ose imaginer ce qui va se passer quand ces destins vont se croiser. On a hâte de connaître la suite…

La bande annonce :

http://www.digitalunivers.com/videos/we-are-the-night-tome-1-la-bande-annonce/

 

Country blues, Claude Bathany, Métailié Noir, 21 janvier 2010

février 16th, 2010

Dans une ferme isolée de la Bretagne profonde où la musique a longtemps tout imprégné ne survivent plus que les enfants Argol : Dany, play-boy rivé à ses vaches, Cécile, lesbienne passionnée d’armes, Jean-Bruno, boxeur agoraphobe, et Lucas, marionnettiste schizophrène – ainsi que leur mère, atteinte de la maladie d\’Alzheimer.Arrive Flora, une jeune et mystérieuse zonarde.À travers elle, c’est tout le passé d’une autre famille qui soudain resurgit, où se trouvent entremêlés les agissements d’un serial killer, la passion malheureuse d’une alcoolique, les déboires conjugaux d’un garagiste et les basses œuvres d’un ancien flic.Au-dessus d’eux oscille l’ombre d’un chanteur honni de tous.Humour noir, écriture mordante et intrigue au cordeau irriguent ce polar à plusieurs voix dont l’univers grotesque et déjanté nous plonge dans un blues rural dynamitant avec férocité le genre, par l’auteur de Last Exit to Brest.Plusieurs réussites dans ce roman :D’abord, l’ambiance, glauque à souhait, qui nous dévoile un univers sans espoir ni futur.Une galerie de personnages pitoyables et attendrissants à force de misère, dont on se demande s’il faut en rire ou en pleurer. Au centre de cette intrigue, la famille Argol, où chacun traine ses atavismes et son mal de vivre, comme ce garçon Lucas, qui ne s’exprime qu’à travers sa marionnette Olive. Une intrigue pour le moins originale, qui se met en place par petites touches. On découvre peu à peu qu’un drame a touché les Argol des années plus tôt. Le père de famille, qui avait entamé une brillante carrière de rocker, à été retrouvé pendu suite à… Déjà, j’en dis trop. C’est au lecteur de découvrir et de comprendre en même temps que les personnages. Une des originalités de l’ouvrage réside aussi dans la construction. La même scène est décrite plusieurs fois de suite, du point de vue des différents protagonistes. Le lecteur entre alors à tour de rôle dans la peau des différents personnages qu’il comprend mieux. Si le blues n’est pas évoqué explicitement, il est ancré au plus profond de ses âmes blessées par la vie.La chute est la hauteur du reste, originale et sans pitié. Pas de rédemption pour cette famille détruite par le destin. Morceaux choisis : Cécile Argol, lesbienne, revient d’un entretien d’embauche minable : « Avant même de me recevoir dans son bureau, le type que j’avais rencontré deux heures plus tôt savait qu’il ne me prendrait pas et j’avais bien senti que l’entretien n’avait pour but que de répondre à un quota décidé par son chef. Maudissant ce sous-fifre moins couillu que la Vierge, je me suis engueulé avec lui, ce qui a mis un terme définitif à tout espoir d’embauche. Pomponnée comme une conne sous la pluie crasseuse, retour case départ. »« J’ai senti une hésitation chez lui, un désir de se défiler mais il est resté sur place. C’était à se pisser dessus : il semblait ne plus savoir ou dissimuler sa gueule de contre exemple. » Né en 1962 à Brest, Claude Bathany a publié en 2007 son premier roman, Last Exit To Brest, aux éditions Métailié, qui a reçu Le Prix du Goéland masqué.Avec Country Bleu, il signe un livre étonnant, dans un style personnel et unique. Pas d’emprunt ni de filiation trop évidente. Il m’a fait penser, par l’originalité et la virtuosité, à un autre polar que j’avais chroniqué ici : La Ligue Hollywood, de Renaud Coppens. Pour moi, ces deux-là pourraient bien incarner un certain renouveau du polar.

Aux malheurs des dames, Lalie Walker, Parigramme, collection Noir 7.5, fin 2009

février 10th, 2010

Un titre en forme de clin d’oeil…

Le ton est donné ! Les “dames” ne vont pas être à la fête !

L’histoire : la tension monte au Marché Saint-Pierre, temple du tissu au mètre : lettres anonymes, étranges poupées de chiffon clouées aux portes, persistante odeur de brûlé dans les étages, et surtout : des employés qui manquent à l’appel.  Et enfin, deux jeunes filles retrouvées aux portes du Marché… La peur envahit Montmartre…  Qui peut bien être à l’origine de ces agressions ? Un concurrent malveillant, un malfrat, un fou ?… Tandis que la police piétine, Rebecca Lavasseur, une sociologue qui adore fouiner dans la vie des autres, va mener sa propre enquête à ses risques et périls…Tous les ingrédients du thriller sont réunis : rythme, suspense, personnages inquiétants qui l’on soupçonne à tour de rôle… et en plus, l’écriture est excellente, pétillante d’intelligence et souvent de malice. Comme son héroïne, cette Lalie a plus d’un tour dans son sac (à malices, forcément). La psychologie des personnages est particulièrement pertinente et bien décrite. Le fait que l’auteure soit psychothérapeute n’y est probablement pas pour rien ! Bref, un bon thriller que je recommande aux amateurs du genre.Seule l’explication finale est assez peu crédible. Mais ce n’est pas le plus important ici. Le mobile du meurtrier est un prétexte pour dérouler un récit dans l’ensemble très bien construit.  Morceau choisi : « Elle planta ses yeux dans ceux de Klein, qui se sentit de nouveau dépouillé de lui-même. Sans comprendre comment elle lui communiquait ce sentiment de vacuité. Il n’avait pas l’impression de se perdre, plutôt de s’enfoncer en lui. Il glissait, non pas violemment, mais avec une douceur, une paresse, même, à se sentir vide. […] Ayant eu le réflexe de la regarder droit dans les yeux pour lui répondre, il perdit pied une fois de plus. » Pour mieux connaître Lalie Walker, rien que sa bio est déjà un roman !! http://www.laliewalker.com/http://fr.wikipedia.org/wiki/Lalie_Walker 

Sherlock Holmes, film de Guy Ritchie, février 2010

février 2nd, 2010

Sherlock Holmes est le personnage de fiction le plus porté à l’écran avec plus de 260 films.

Et aussi : 1900 pastiches et parodies en romans et bandes dessinées…

Avec de tels moyens, le film de Guy Ritchie aurait pu être la cerise sur le gâteau, malheureusement c’est plutôt le gâteau (indigeste) sur la cerise.

On se sent vite écrasés par les effets spéciaux, les ralentis, les cascades, la musique tonitruante, les enchaînements ultra-rapides supposés donner du rythme au film, etc.

On retrouve les ingrédients de James Bond. Pas de problème.

Manque juste l’essentiel : l’histoire. Le scénario est convenu, prévisible. Les ficelles sont grosses, comme cette histoire dérisoire de fausse pendaison. Les dialogues sont d’une totale indigence. Les quelques tentatives d’humour sont d’une lourdeur en rendre jalouse une enclume. C’est niais, c’est lourdingue. On n’y croit pas une seconde. La première demi-heure passe à peu près. Ensuite, on commence à s’ennuyer sérieusement. A la fin, on s’en fout royalement.

Film d’action nous dit-on ? j’ai surtout vu beaucoup de gesticulation inutile, de vaine agitation.

Les acteurs ne sont pas mauvais en soi. Mais avec un tel scénario, on voit mal ce qu’ils pourraient faire de mieux…

Seul point positif : l’image est exceptionnelle. La reconstitution du Londres victorien est époustouflante. Mais est-ce suffisant pour faire un bon film ?

D’où la question en sortant de là : à quoi sert ce genre de film ?

On ressent un énorme sentiment de gâchis et d’inutilité. On se prend à rêver en se demandant ce qu’auraient fait Tim Burton, Terry Gilliam ou encore Jeunet avec de tels moyens…

 

En attendant, si on veut voir un bon film sur Sherlock Holmes, on peut se rabattre sur :

 

La vie privée de Sherlock Holmes, Billy Wilder, 1970

Sherlock Holmes et le docteur Watson sont invités à une soirée des Ballets russes, sur l’initiative de la danseuse étoile Madame Petrova : celle-ci voudrait d’Holmes un enfant qui ait son intelligence et lui offre en échange un violon Stradivarius. Le détective refuse, prétextant que Watson est son « compagnon ». Un peu plus tard, un cocher amène à leur domicile une jeune femme amnésique qui vient d’échapper mystérieusement à la mort et n’a sur elle qu’un indice, l’adresse des deux hommes. Cette personne, retrouvant la mémoire, déclare s’appeler Gabrielle Valladon et demande à Holmes, qui accepte, d’enquêter sur la disparition de son mari. Le frère du détective, Mycroft Holmes, un agent du Gouvernement, le dissuade de poursuivre ses recherches…

 

Le secret de la pyramide, de Barry Levinson, en 1985, tiré du roman « Young Sherlock Holmes » d’Alan Arnold

À Londres en 1870, le jeune Watson fait son entrée dans sa nouvelle école. Il y rencontre un autre adolescent à l’esprit de déduction très développé : un certain Sherlock Holmes… Bientôt, Holmes et le futur docteur Watson se lient d’amitié et sont conduits à mener leur première enquête lorsque de mystérieux suicides ont lieu dans leur entourage. Sherlock est amoureux d’Elizabeth, la blonde nièce du professeur Waxflatter, inventeur farfelu vivant à Brompton. Or, deux hommes - Bobster et le révérend Nesbitt - ont trouvé la mort dans des circonstances étranges - en fait après avoir fait l’objet d’hallucinations épouvantables provoquées par une mystérieuse silhouette armée d’une sarbacane. A la suite d’une perfidie d’un élève jaloux - Dudley - Sherlock est convaincu de tricherie et expulsé, malgré la protection bienveillante de Rathe, son professeur d’escrime, et de la douce Mrs. Dribbs, gouvernante du collège. Waxflatter périt à son tour, en murmurant “Eh Tar”… Watson trouve une sarbacane, qui s’avère d’origine égyptienne. Caché chez Waxflatter, Holmes découvre l’existence du Rame Tep, une ancienne secte de fanatiques adorateurs d’Osiris qui sévit à nouveau dans un temple clandestin situé dans les bas-quartiers de Londres, où ils se livrent à des sacrifices humains. Chester Cragwitch apprend à Holmes que Bobster, Nesbitt, Waxflatter et lui-même faisaient partie d’une expédition en Egypte qui a mal tourné : depuis, ils subissent la vindicte d’un certain Eh Tar et de sa sœur…en fait Rathe et Mrs. Dribbs, l’assassin à la sarbacane. Ceux-ci enlèvent Elizabeth. Holmes et Watson les poursuivent grâce à la machine volante de Waxflatter, empêchent le sacrifice d’Elizabeth, éliminent Mrs. Dribbs et incendient le temple. Mais Elizabeth meurt frappée par une balle de Rathe destinée à Sherlock. Bouleversé, Holmes affronte Rathe dans un duel à l’issue duquel celui-ci disparait sous les glaces de la Tamise. L’aventure achevée, Holmes et Watson se séparent provisoirement. A la fin du générique on découvre que Eh Tar n’est pas mort sous la glace mais bel et bien vivant, il se rend dans un hôtel ou il choisira le pseudonyme de Moriarty

Sherlock Holmes attaque l’Orient Express, de Herbert Ross en 1976, tiré de l’excellent roman « La solution à 7% » de Nicholas Meyer

En 1891, à cause de la cocaïne, Sherlock Holmes est retrouvé par le Docteur Watson dans un état de totale prostration. Avec l’aide de Mycroft Holmes, le docteur parvient à entrainer Sherlock Holmes à Vienne pour lui faire suivre une cure de désintoxication chez le Docteur Sigmund Freud. Puis pour sauver une inconnue enlevée par un sultan, Holmes, Watson et Freud prennent l’Orient-Express.

Le nom de la rose, de Jean-Jacques Annaud, 1986, tiré du roman éponyme d’Umberto Eco.

En 1327, alors que la chrétienté est divisée entre l’autorité du pape Jean XXII et celle de l’Empereur Louis IV du Saint-Empire, l’ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville se rend dans une abbaye bénédictine, située entre Provence et Ligurie, accompagné par son novice Adso qui est le narrateur de l’intrigue. Dans un climat de conflit théologique entre les franciscains et l’autorité pontificale au sujet de la pauvreté du Christ – servant avant tout de façade au conflit politique entre le pape et l’empereur – l’ancien inquisiteur doit reprendre sa charge à la demande de l’abbé, à la suite de la mort suspecte d’un des moines. Rapidement, ce que beaucoup semblaient considérer comme un suicide prend des allures de plus en plus inquiétantes. Lorsque l’inquisiteur dominicain Bernardo Gui se rend à l’abbaye à la demande du pape, et commence à se mêler à l’enquête, cela est loin d’arranger les choses.

 

Je profite de cette chronique pour signaler la sortie en poche de “Sherlock Holmes et le fantôme de l’Opéra” de Nicholas Meyer  (Archi-poche).  Le récit est original, sans doute moins que “La solution à 7%”, mais c’est toujours mieux qu’un scénario de Guy Ritchie…

 

Quelques idées aussi dans ma chronique TV consacrées à des parodies de Sherlock Holmes :

http://www.canalcoquelicot.fr/?page=videosmag&videoc=/hebdos/bob/bob10.wmv

 

Sin City, de Franck Miller, Rackham

janvier 26th, 2010

À l’occasion du quinzième anniversaire de sa première parution en France, les sept chapitres de Sin City, la bande dessinée emblématique de Frank Miller (scénario et dessins), sont publiés dans une nouvelle édition chez Rackham.

Avec cette série, Frank Miller a vraiment révolutionné le genre du récit noir tout en inventant un genre graphique très personnel et novateur, jouant sur les contrastes des ombres et sur les lumières crues pour créer un univers glauque, violent, désepéré et sordide. Il a ainsi influencé des dizaines de dessinateurs et a véritablement fait école.

Sur le plan du scénario, Miller a également inové. Au lieu de désigner d’emblée un protagoniste et d’en raconter les péripéties, Miller a imaginé une multitude de personnages, chacun apparaissant au centre d’un particulier épisode et plus ou moins en marge des autres.

Un seul « personnage » si l’on peut dire, reste omniprésent dans toute la série, c’est la ville elle-même  Basin city, la ville du péché.C’est la ville qui dévoile peu à peu son âme, ses secrets, sa nature la plus intime, et donne ainsi une vision de la société contemporaineQuelques titres de récits, pour comprendre l’esprit de la série : J’ai tué pour elle, Le grand carnage, Cet enfant de salaud, Des filles et des flingues, L’enfer en retour.

Dans ces deux tomes, plus de 1400 pages de bande dessinée et d’illustrations.

Morceau choisi, histoire de donner le ton en début de récit : “Il fait une chaleur d’enfer. La nuit est lourde. Poisseuse. C’est une piaule minable dans le quartier minable d’une ville minable. Les climatiseur est en rade. Même la bière est tiédasse.”

Ambiance… délectation morbide…

Profitez du salon de la bédé d’Angoulème pour découvrir d’urgence cet incontournable monument de la bédé noire moderne !