Sherlock Holmes, film de Guy Ritchie, février 2010

février 2nd, 2010

Sherlock Holmes est le personnage de fiction le plus porté à l’écran avec plus de 260 films.

Et aussi : 1900 pastiches et parodies en romans et bandes dessinées…

Avec de tels moyens, le film de Guy Ritchie aurait pu être la cerise sur le gâteau, malheureusement c’est plutôt le gâteau (indigeste) sur la cerise.

On se sent vite écrasés par les effets spéciaux, les ralentis, les cascades, la musique tonitruante, les enchaînements ultra-rapides supposés donner du rythme au film, etc.

On retrouve les ingrédients de James Bond. Pas de problème.

Manque juste l’essentiel : l’histoire. Le scénario est convenu, prévisible. Les ficelles sont grosses, comme cette histoire dérisoire de fausse pendaison. Les dialogues sont d’une totale indigence. Les quelques tentatives d’humour sont d’une lourdeur en rendre jalouse une enclume. C’est niais, c’est lourdingue. On n’y croit pas une seconde. La première demi-heure passe à peu près. Ensuite, on commence à s’ennuyer sérieusement. A la fin, on s’en fout royalement.

Film d’action nous dit-on ? j’ai surtout vu beaucoup de gesticulation inutile, de vaine agitation.

Les acteurs ne sont pas mauvais en soi. Mais avec un tel scénario, on voit mal ce qu’ils pourraient faire de mieux…

Seul point positif : l’image est exceptionnelle. La reconstitution du Londres victorien est époustouflante. Mais est-ce suffisant pour faire un bon film ?

D’où la question en sortant de là : à quoi sert ce genre de film ?

On ressent un énorme sentiment de gâchis et d’inutilité. On se prend à rêver en se demandant ce qu’auraient fait Tim Burton, Terry Gilliam ou encore Jeunet avec de tels moyens…

 

En attendant, si on veut voir un bon film sur Sherlock Holmes, on peut se rabattre sur :

 

La vie privée de Sherlock Holmes, Billy Wilder, 1970

Sherlock Holmes et le docteur Watson sont invités à une soirée des Ballets russes, sur l’initiative de la danseuse étoile Madame Petrova : celle-ci voudrait d’Holmes un enfant qui ait son intelligence et lui offre en échange un violon Stradivarius. Le détective refuse, prétextant que Watson est son « compagnon ». Un peu plus tard, un cocher amène à leur domicile une jeune femme amnésique qui vient d’échapper mystérieusement à la mort et n’a sur elle qu’un indice, l’adresse des deux hommes. Cette personne, retrouvant la mémoire, déclare s’appeler Gabrielle Valladon et demande à Holmes, qui accepte, d’enquêter sur la disparition de son mari. Le frère du détective, Mycroft Holmes, un agent du Gouvernement, le dissuade de poursuivre ses recherches…

 

Le secret de la pyramide, de Barry Levinson, en 1985, tiré du roman « Young Sherlock Holmes » d’Alan Arnold

À Londres en 1870, le jeune Watson fait son entrée dans sa nouvelle école. Il y rencontre un autre adolescent à l’esprit de déduction très développé : un certain Sherlock Holmes… Bientôt, Holmes et le futur docteur Watson se lient d’amitié et sont conduits à mener leur première enquête lorsque de mystérieux suicides ont lieu dans leur entourage. Sherlock est amoureux d’Elizabeth, la blonde nièce du professeur Waxflatter, inventeur farfelu vivant à Brompton. Or, deux hommes - Bobster et le révérend Nesbitt - ont trouvé la mort dans des circonstances étranges - en fait après avoir fait l’objet d’hallucinations épouvantables provoquées par une mystérieuse silhouette armée d’une sarbacane. A la suite d’une perfidie d’un élève jaloux - Dudley - Sherlock est convaincu de tricherie et expulsé, malgré la protection bienveillante de Rathe, son professeur d’escrime, et de la douce Mrs. Dribbs, gouvernante du collège. Waxflatter périt à son tour, en murmurant “Eh Tar”… Watson trouve une sarbacane, qui s’avère d’origine égyptienne. Caché chez Waxflatter, Holmes découvre l’existence du Rame Tep, une ancienne secte de fanatiques adorateurs d’Osiris qui sévit à nouveau dans un temple clandestin situé dans les bas-quartiers de Londres, où ils se livrent à des sacrifices humains. Chester Cragwitch apprend à Holmes que Bobster, Nesbitt, Waxflatter et lui-même faisaient partie d’une expédition en Egypte qui a mal tourné : depuis, ils subissent la vindicte d’un certain Eh Tar et de sa sœur…en fait Rathe et Mrs. Dribbs, l’assassin à la sarbacane. Ceux-ci enlèvent Elizabeth. Holmes et Watson les poursuivent grâce à la machine volante de Waxflatter, empêchent le sacrifice d’Elizabeth, éliminent Mrs. Dribbs et incendient le temple. Mais Elizabeth meurt frappée par une balle de Rathe destinée à Sherlock. Bouleversé, Holmes affronte Rathe dans un duel à l’issue duquel celui-ci disparait sous les glaces de la Tamise. L’aventure achevée, Holmes et Watson se séparent provisoirement. A la fin du générique on découvre que Eh Tar n’est pas mort sous la glace mais bel et bien vivant, il se rend dans un hôtel ou il choisira le pseudonyme de Moriarty

Sherlock Holmes attaque l’Orient Express, de Herbert Ross en 1976, tiré de l’excellent roman « La solution à 7% » de Nicholas Meyer

En 1891, à cause de la cocaïne, Sherlock Holmes est retrouvé par le Docteur Watson dans un état de totale prostration. Avec l’aide de Mycroft Holmes, le docteur parvient à entrainer Sherlock Holmes à Vienne pour lui faire suivre une cure de désintoxication chez le Docteur Sigmund Freud. Puis pour sauver une inconnue enlevée par un sultan, Holmes, Watson et Freud prennent l’Orient-Express.

Le nom de la rose, de Jean-Jacques Annaud, 1986, tiré du roman éponyme d’Umberto Eco.

En 1327, alors que la chrétienté est divisée entre l’autorité du pape Jean XXII et celle de l’Empereur Louis IV du Saint-Empire, l’ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville se rend dans une abbaye bénédictine, située entre Provence et Ligurie, accompagné par son novice Adso qui est le narrateur de l’intrigue. Dans un climat de conflit théologique entre les franciscains et l’autorité pontificale au sujet de la pauvreté du Christ – servant avant tout de façade au conflit politique entre le pape et l’empereur – l’ancien inquisiteur doit reprendre sa charge à la demande de l’abbé, à la suite de la mort suspecte d’un des moines. Rapidement, ce que beaucoup semblaient considérer comme un suicide prend des allures de plus en plus inquiétantes. Lorsque l’inquisiteur dominicain Bernardo Gui se rend à l’abbaye à la demande du pape, et commence à se mêler à l’enquête, cela est loin d’arranger les choses.

 

Je profite de cette chronique pour signaler la sortie en poche de “Sherlock Holmes et le fantôme de l’Opéra” de Nicholas Meyer  (Archi-poche).  Le récit est original, sans doute moins que “La solution à 7%”, mais c’est toujours mieux qu’un scénario de Guy Ritchie…

 

Quelques idées aussi dans ma chronique TV consacrées à des parodies de Sherlock Holmes :

http://www.canalcoquelicot.fr/?page=videosmag&videoc=/hebdos/bob/bob10.wmv

 

Sin City, de Franck Miller, Rackham

janvier 26th, 2010

À l’occasion du quinzième anniversaire de sa première parution en France, les sept chapitres de Sin City, la bande dessinée emblématique de Frank Miller (scénario et dessins), sont publiés dans une nouvelle édition chez Rackham.

Avec cette série, Frank Miller a vraiment révolutionné le genre du récit noir tout en inventant un genre graphique très personnel et novateur, jouant sur les contrastes des ombres et sur les lumières crues pour créer un univers glauque, violent, désepéré et sordide. Il a ainsi influencé des dizaines de dessinateurs et a véritablement fait école.

Sur le plan du scénario, Miller a également inové. Au lieu de désigner d’emblée un protagoniste et d’en raconter les péripéties, Miller a imaginé une multitude de personnages, chacun apparaissant au centre d’un particulier épisode et plus ou moins en marge des autres.

Un seul « personnage » si l’on peut dire, reste omniprésent dans toute la série, c’est la ville elle-même  Basin city, la ville du péché.C’est la ville qui dévoile peu à peu son âme, ses secrets, sa nature la plus intime, et donne ainsi une vision de la société contemporaineQuelques titres de récits, pour comprendre l’esprit de la série : J’ai tué pour elle, Le grand carnage, Cet enfant de salaud, Des filles et des flingues, L’enfer en retour.

Dans ces deux tomes, plus de 1400 pages de bande dessinée et d’illustrations.

Morceau choisi, histoire de donner le ton en début de récit : “Il fait une chaleur d’enfer. La nuit est lourde. Poisseuse. C’est une piaule minable dans le quartier minable d’une ville minable. Les climatiseur est en rade. Même la bière est tiédasse.”

Ambiance… délectation morbide…

Profitez du salon de la bédé d’Angoulème pour découvrir d’urgence cet incontournable monument de la bédé noire moderne !

M. Malbrough est mort, Pierre Véry, Le Masque, 2010 (réédition)

janvier 21st, 2010

Pierre Véry est surtout connu pour « Les disparus de Saint-Agil », « Goupi Mains Rouges » ou «L’assassinat du Père Noël ». Mais il est aussi l’auteur de pas moins de 40 romans, dont ce surprenant « M. Malbrough est mort » datant de 1937.En incipit, l’auteur nous promet « l’histoire d’un crime »… Mais ce court récit est bien plus que cela. Le jeune Simon Laurent trouve un paquet, qui est vraisemblablement tombé de la bicyclette du facteur, non loin d’une grande maison dont on découvre plus tard le nom : « Le Vieux Logis ». Comme le cycliste a disparu, Laurent remet donc ce paquet aux habitants de la maison. A peine a-t-il remis le paquet que la doyenne du Logis – une vieille dame tout en noir qui semble porter le deuil - lui propose de devenir le précepteur du petit Désiré. Laurent, qui ne semble pas submergé par les obligations professionnelles et qui n’a guère d’attache familiale ou sentimentale, accepte l’offre. Outre la vieille dame et le petit Désiré, il ne tarde pas à découvrir les autres habitants du Vieux Logis : une chanteuse muette, un « innocent » épileptique, un cousin libidineux, un veuf dont la femme n’est peut-être pas morte, une domestique au prénom étrange de Maclovie et à la cuisse aussi légère que la conscience, une cuisinière qui adore se faire peur en lisant les romans policiers de Gaboriau…
Le contenu du paquet, uniquement des objets noirs : soutien-gorge, slip, tutu, bijoux, jarretières… semble troubler tous les membres de cette étrange maisonnée. Simon comprend vite que chacun a ses raisons de trembler et qu’un lourd secret pèse sur cette famille. Il se livre alors une enquête improvisée…Ce roman se déroule pratiquement en huis clos, à la façon de certains récits d’Agatha Christie. L’angoisse monte au fil des pages. L’intrigue est prenante. Mais Pierre Véry s’applique aussi à décrire la psychologie de chacun des personnages. On redécouvre au passage la vie d’une grande maisonnée de l’entre deux guerres, le rapport entre les maîtres et les domestiques, l’hypocrisie et les travers de personnages en apparence « bien pensants », le poids des tabous et du non-dit. Une fois le mystère résolu, Simon s’échappera sans regret de ce petit monde étouffant. On le comprend. Et quand tout semble terminé, Paul Véry nous offre une deuxième fin en forme de pied de nez dans l’épilogue, plus subtile que la résolution de l’énigme elle-même. Avec son écriture au charme suranné petit livre se feuillette comme un album de photographies ancienne et se déguste comme une friandise dont on avait oublié le goût. A l’heure des polars offrant une surenchère gratuite de violence, de sang et de sexe, il n’est pas inutile de « faire une pause » et de relire ce genre d’ouvrage qui nous rappelle qu’une histoire simple, limpide et bien racontée vaut bien mieux que des tonnes d’effets inutiles soporifiques à force d’invraisemblance.  Voir aussi la critique de l’excellent Paul Maugendre ici :http://www.bibliosurf.com/M-Malbrough-est-mortLa biographie de Pierre Véry :http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_V%C3%A9ryEt le site officiel de l’auteur :http://pierrevery.fr/

Sous les bruyères, de Belinda Bauer, à paraître le 14 janvier 2010 chez Fleuve Noir

janvier 13th, 2010

Le titre français n’est vraiment pas accrocheur. Je préférais l’anglais « Blacklands ». Pour un premier roman, c’est un véritable coup de maître. L’histoire en deux mots : Steven n’a que douze ans. Il vit avec son petit frère, sa mère et sa grand-mère. Un meurtre a brisé cette famille. L’oncle de Steven, Billy, a été assassiné alors qu’il avait 12 ans, comme Steven. L’assassin présumé a été arrêté, mais le corps de Billy n’a jamais été retrouvé. Alors Steven creuse inlassablement la lande de Dartmoor sous les bruyères (d’où le titre) pour retrouver le corps du gamin, seul moyen d’après lui pour que sa mère et sa grand-mère parviennent à faire le deuil du petit Billy. Comme Steven ne retrouve pas le corps, il parvient à entrer en contact avec Arnold Avery, le serial killer suspecté du meurtre. Ils entretiennent alors une relation épistolaire codée… jusqu’au jour où Avery d’évade. Excellent suspense. Aussi émouvant que prenant. Le point de vue du jeune garçon en quête de reconnaissance au sein de sa propre famille est très bien décrit.Les descriptions de l’inquiétante lande de Dartmoor sont sublimes et angoissantes à souhait. C’est là que Conan Doyle avait situé l’intrigue du « Chien des Baskerville ». La lande de Dartmoor est sans doute le « personnage » principal du roman. La détresse du jeune garçon semble faire écho à la désolation magnifique de l’endroit. Morceau choisi : « La brume monte de la mer, noyant les terres sous un voile de silence caligineux aux relents de varech en décomposition. Le garçon se sent rapetisser dans cette immensité aveugle. […] Une chaleur sourde dans les yeux de Steven et, sans prévenir, il se met à pleurer. Au début, ce sont juste des larmes, mais bientôt son corps s’en mêle, et il sanglote, vagit comme un bébé abandonné, étendu sur la bruyère. Sa poitrine se soulève, il hoquette, ses muscles abdominaux se contractent sous l’effort, au bout de ses minces bras en croix, ses mains, blanchies par le froid, se recroquevillent en poings lâches, désespérés, tournés vers le ciel. Enfin, ses larmes se tarissent, s’arrêtent, et ses yeux brûlants sont bientôt rafraichis par la bruine qui sans bruit tombe en tourbillonnant du blanc néant du ciel. Il cligne des yeux, et l’effort lui paraît presque insurmontable. La lassitude de son cœur coule à travers ses membres tel du plomb, le clouant sur la lande […] Dans cette immobilité physique totale, son esprit se réveille peu à peu, bribe par bribe. Il voudrait que sa mère parte à sa recherche, qu’elle l’enveloppe dans un grand drap de bain blanc moelleux, puis le ramène dans ses bras jusqu’à la maison où elle lui donnerait à manger du ragoût et du gâteau au chocolat. Un ultime sanglot lui échappe à la pensée que cela n’arrivera pas – ni aujourd’hui, ni demain, ni les autres jours. Un frisson glacé lui apprend que ce désir n’est même pas un souvenir. Il n’y a jamais eu de serviette, ni de ragoût, ni de dessert sucré, ni aucun moment au cours duquel sa mère le serre contre elle quand il est trempé et transi de froid. »Le plus étonnant, comme l’explique l’auteure dans une note en fin d’ouvrage, c’est qu’elle n’avait pas l’intention d’écrire un thriller, mais simplement l’histoire d’un petit garçon et de sa grand-mère. C’est en voyant un fait divers à la télévision qu’elle a eu l’idée du meurtre du serial killer. En tout cas, le résultat est une vraie réussite.On va entendre parler de Belinda Bauer. Prix littéraire en vue ! http://www.fleuvenoir.fr/policier-thriller-thriller-noir-gf-fiche-livre-9782265088634.html  

Gueule d’ange, Jean-Marc Pitte, La Tengo éditions, octobre 2009

janvier 6th, 2010

Jean-Marc Pitte, est grand reporter à la rédaction nationale de France 3. Il a mené une longue enquête sur un fait divers de 2004, celui d’Ancourteville-sur-Héricourt (Normandie). Un drame où un enfant de 14 ans tua son père, sa mère et son petit frère…

Ce roman écrit à la première personne tente de décrire la descente aux enfers d’un gamin mal aimé qui commet finalement l’irréparable. C’est émouvant et pathétique. Je l’ai lu avec une boule dans la gorge. Avec beaucoup de talent et de pudeur, Jean-Marc Pitte, apporte la preuve que l’on peut faire le récit d’une affaire très médiatisée sans tomber dans le voyeurisme ni le sensationnalisme des tabloïdes à blaireaux. A aucun moment on ne parvient à détester ce gamin assassin. On essaye juste de comprendre ses motivations. L’histoire est dérangeante mais criante de vérité. Elle nous force à réfléchir et nous poser les bonnes quetsions. Les vrais criminels ne sont pas forcément ceux qui tuent… parce qu’aucun mot ne peut traduire leurs maux. En mettant le gamin en prison, les censeurs de notre juste société ont-ils résolu le problème ? Combien de faiseurs d’assassins, conscients ou inconscients, sévicent dans nos villes et nos campagnes ?  La Tengo Editions m’avait déjà conquis avec la série “Mona Cabriole”, polars “rock” dédiés aux arrondissements de Paris. Avec “Gueule d’ange”, ce jeune éditeur nous prouve qu’il sait faire des choix judicieux. Souhaitons que les prochains livres soient du même niveau, en rupture avec une certaine production formatée et sans surprise.  Une interview de jean-Marc Pitte, qui parle de son livre :

http://livres.blogs.paris-normandie.fr/2009/11/13/jean-marc-pitte-nous-raconte-gueule-dange/

 

Les disparus de l’A16 – Qui a peur de Virginia V. ?, de Virginia Valmain et Maxime Gillio, Ravet-Anceau

décembre 16th, 2009

“Les disparus de l’A16″ est un polar parodique, franchement drôle, plutôt icônoclaste, qui ne craint pas de rompre avec les poncifs du genre.

L’histoire : triste publicité pour la commune de Saint-Folquin, deux hommes et une femme ont disparu sur l’auroute A 16, aux abords du village à quelques mois d’intervalle… Alors que la police piétine, la célèbre détective privée dunkerquoise Virginia Valmain, connue pour son franc-parler et ses mauvaises manières, débarque à Saint-Folquin avec son équipe de choc, les événements s’accélèrent. Attention aux éclaboussures ! Là où Virginia passe, les convenances trépassent. Amateurs de bon goût et de bonnes manières s’abstenir, ce livre n’est pas pour vous. Maxime Gillio s’inscrit dans la veine de Frédéric et Patrice Dard. Mais il revendique aussi les influences de Cavanna, de Joe Lansdale, des Nuls, des Monty Python, de Tarantino, etc. sans tomber dans le travers de la vulgarité.Il a créé une galerie de personnages hauts en couleurs, aussi attachants que fort en gueule : un géant Noir qui passe son temps à citer Lao Tseu ; la tantine alcoolo de Virginia, etc. C’est très drôle et bourré de clins d’œil à la littérature et au cinéma policier. L’auteur ne se prend pas au sérieux. Il tord le cou aux poncifs dont usent et abusent ses collègues. Il s’adresse directement au lecteur et établit rapidement une connivence qui fait que l’on se sent encore plus proche des personnages. Morceaux choisis :« L’enthousiasme de la nuit s’est mué en lassitude et la morosité me recouvre l’espoir d’une taie grise. Rigolez pas, j’en connais qui ont eu le Femina avec des métaphores aussi connes. »Ou « Ces enviandés de poulets, avec leurs méthodes de couilles molles, ils auront plus vite fait de trouver une trace d’intelligence dans une chanson de Francis Lalanne que de découvrir le pot-aux-roses. »Mais surtout : il y a une vraie intrigue, un vrai suspense et une chute qui tient la route. Maxime Gillio a vraiment du talent. On attend les prochaines enquêtes de Virginia Valmain avec impatience !!!

Dortoir interdit, Serge Brussolo

décembre 9th, 2009

Serge Brussolo est un auteur polyvalent, qui excellent dans le thriller machiavélique (Le nuisible), le polar historique (L’armure de vengeance) ou le style « fantasy » (Sommeil de sang). « Dortoir Interdit » est le premier roman d’une série étrange et prenante qui portera le nom de Agence 13, les paradis inhabitables.L’histoire : la jeune Michelle Annabella Katz est une décoratrice qui se fait embaucher par l’Agence 13 dont l’activité consiste à redécorer des lieux où se sont déroulés des événements sanglants et inquiétants. Son premier contrat la mène auprès d’un nabab, Tobbey Zufrau-Clarkson, issu d’une vieille famille du sud des États-Unis, et passionné par la Guerre de Sécession. Il vient juste de faire l’acquisition d’un immense bunker dans un désert où il prépare une véritable horde de mercenaires à un éventuel conflit mondial. Le hic, c’est que ce bunker a été le lieu d’une incroyable boucherie au cours de laquelle des participants à des simulations de claustration post-nucléaire ont trouvé la mort pour des raisons inexpliquées. Pour Michelle, ce sera le début d’une descente aux enfers.L’auteur nous tient en haleine par une intrigue rythmée aux rebondissements incessants. On s’intéresse autant à l’action trépidante qu’à l’étrange psychologie des personnages.  On entre peu à peu dans les délires psychotiques du milliardaire Tobbey qui vit avec les fantômes de la Guerre de Sécession et fait office de gourou d’une étrange secte.  Ce polar bien peu conventionnel flirte souvent avec le fantastique et les phénomènes inexpliqués, comme pour mieux égarer le lecteur et accroître le suspense. La tension du récit va crescendo jusqu’à la toute dernière page.Et quand on referme le livre, on se dit que l’auteur a encore bien des cartouches en réserve. Je me suis pour ma part interrogé sur le passé étrange et douteux que Brussolo prête à son héroïne… et sur le rôle du père de l’héroïne. Tout cela appelle à l’évidence une suite, que l’on a hâte à découvrir…  

L’empreinte sanglante

décembre 3rd, 2009

L’empreinte sanglante, vient de sortir (octobre 2009) chez Fleuve Noir. Il s’agit d’un recueil de sept nouvelles inédites écrites par huit maîtres du Thriller : Raphaël Cardetti, Maxime Chattam, Olivier Descosse, Karine Giébel, Eric Giacometti et Jacques Ravenne, Laurent Scalèse et Franck Thilliez. « L’Empreinte sanglante d’un pied nu, la suivre au long d’une rue… » ainsi débutent toutes les nouvelles. A partir de cet énoncé, en avec un nombre de caractère limité, les auteurs doivent imaginer la suite de l’intrigue. C’est à Nathaniel Hawthorne, que l’on doit cette idée. Hawthone est né en 1804 et mort en 1864. Il est l’un des pères de la littérature américaine aux côtés d’Henry James, Wilky Collins, Poe ou encore Whitman. On lui doit notamment la célèbre Lettre Ecarlate. Il avait consigné la citation de L’Empreinte Sanglante dans Idées et germes de nouvelles, un ensemble de sujets qu’il n’aura pas eu le temps ou le goût d’écrire lui-même. Ces Idées et germes de nouvelles ont été traduits par Valéry Larbaud et publiés il y a 30 ans chez Fata Morgana. Il y a nécessairement un côté artificiel à ce genre d’exercice. Et certains tirent mieux leur épingle du jeu que d’autres. J’ai adoré la nouvelle co-écrite par Giacometti et Ravenne. Ainsi que celle de Chattam et bien sûr celle de Thilliez qui clôture avec brio ce recueil. Les autres nouvelles n’en sont pas « moins bonnes ». Chacun, avec son style propre et son imagination, donne une version originale du sujet. Libre à chacun d’adhérer ou non à l’univers de chaque auteur… Le résultat est un livre globalement bon, que je conseille. La nouvelle est un genre difficile, et qui ne fait pas vraiment recette en France, contrairement aux pays anglo-saxons, friands du genre. Donc raison de plus pour soutenir cette initiative. On peut aussi considérer ce livre comme une vitrine du savoir-faire des auteurs de polar français, qui n’ont rien à envier à leurs homologues anglo-saxons !

Nouveau blog : Mystère et Jazz

novembre 27th, 2009

Reçu ce jour un message de Paul Maugendre, grand spécialiste du polar et amateur éclairé en jazz : 

 “Paul Maugendre, alias l’Oncle Paul, est heureux d’annoncer à tous ses
amis de 813 (et aux autres) la naissance de son blog perso :
http://www.mysterejazz.over-blog.com/
La porte est ouverte, l’entrée est gratuite,  vous pouvez visiter les
salles : vous y trouverez déjà  chroniques et interviews.  Et ce n’est
qu’un début !
Bonne promenade”

Un blog prometteur qui complète et/ou recoupe celui-ci avec un autre éclairage. Que du bonheur à partager avec tous les fans de jazz et de polar !

Merci, Oncle Paul ;o)) 

 

Une étrange signature, enquête criminelle de la gendarmerie et de la police scientifique, d’André Pierné.

novembre 25th, 2009

Une étrange signature, enquête criminelle de la gendarmerie et de la police scientifique, d’André Pierné.Paru en octobre 2009Co-édition SPE-Volum EditionsDirecteur de collection Jean-Pierre BathélémyCet ouvrage est le n°1 de la Collection « Zone interdite » Résumé :Dans une petite ville de province, des meurtres se succèdent autour de Judith et Mathieu. Rien ne laisse présager des liens possibles entre ces crimes. Les pistes se brouillent jusqu’à Cuba où un mystérieux corps est repêché. Assassinat ou accident ? Dans quel cerveau est née l’épouvantable méthode ? Une formidable intrigue policière moderne qui nous tient en haleine jusqu’au point final. Ce roman scientifico-criminel s’inspire de certains faits réels. Les noms des personnages et des lieux sont fictifs. L’auteur nous emporte avec lui dans une enquête pleine de mystère, aussi palpitante que passionnante. Ce livre est une agréable découverte. Le lecteur suit l’enquête pas à pas avec les enquêteurs. Comme eux, il est en proie au doute et découvre les nouveaux indices et rebondissements au fur et à mesure qu’ils se présentent. Passionnant parce que réaliste. On comprend mieux le fonctionnement de la gendarmerie et de la police scientifique. Pas facile de faire parler les indices. L’erreur est humaine : un médecin débordé conclut un peu vite à « l’arrêt cardiaque » d’une dame retrouvée morte dans son appartement, un enquêteur passe « à côté » d’un indice essentiel, un laborantin « oublie » de faire une analyse qu’il estime secondaire. Les dysfonctionnements et approximation s’accumulent. Un labyrinthe de mensonges brouille la piste… Un suspect que tout semble accuser se retrouve en prison. L’erreur judiciaire guette au coin du bois… Il faudra la sagesse d’un juge d’instruction à la retraite, et la sagacité d’un gendarme émérite pour parvenir à dénouer le vrai du faux.  Seule réserve sur cet ouvrage : le correcteur semble fâché avec la ponctuation. Usage intempestif du point d’interrogation, virgules mal placées, conversations non indiquées… Il faut souvent s’y reprendre à deux fois pour comprendre qui parle. Dommage, ces approximations parasitent la lecture. A moins qu’il ne s’agisse d’un artifice supplémentaire pour augmenter le suspense du récit !   Voir aussi :http://criminocorpus.hypotheses.org/?p=160 Et pour aller plus loin :L’encyclopédie de la gendarmerie nationale7 tomes aux éditions SPE Barthélémy http://www.librairie-spe.com/catalog/index.php?language=fr

 

Paru en octobre 2009Co-édition SPE-Volum EditionsDirecteur de collection Jean-Pierre BathélémyCet ouvrage est le n°1 de la Collection « Zone interdite » Résumé :Dans une petite ville de province, des meurtres se succèdent autour de Judith et Mathieu. Rien ne laisse présager des liens possibles entre ces crimes. Les pistes se brouillent jusqu’à Cuba où un mystérieux corps est repêché. Assassinat ou accident ? Dans quel cerveau est née l’épouvantable méthode ? Une formidable intrigue policière moderne qui nous tient en haleine jusqu’au point final. Ce roman scientifico-criminel s’inspire de certains faits réels. Les noms des personnages et des lieux sont fictifs. L’auteur nous emporte avec lui dans une enquête pleine de mystère, aussi palpitante que passionnante. Ce livre est une agréable découverte. Le lecteur suit l’enquête pas à pas avec les enquêteurs. Comme eux, il est en proie au doute et découvre les nouveaux indices et rebondissements au fur et à mesure qu’ils se présentent. Passionnant parce que réaliste. On comprend mieux le fonctionnement de la gendarmerie et de la police scientifique. Pas facile de faire parler les indices. L’erreur est humaine : un médecin débordé conclut un peu vite à « l’arrêt cardiaque » d’une dame retrouvée morte dans son appartement, un enquêteur passe « à côté » d’un indice essentiel, un laborantin « oublie » de faire une analyse qu’il estime secondaire. Les dysfonctionnements et approximation s’accumulent. Un labyrinthe de mensonges brouille la piste… Un suspect que tout semble accuser se retrouve en prison. L’erreur judiciaire guette au coin du bois… Il faudra la sagesse d’un juge d’instruction à la retraite, et la sagacité d’un gendarme émérite pour parvenir à dénouer le vrai du faux.  Seule réserve sur cet ouvrage : le correcteur semble fâché avec la ponctuation. Usage intempestif du point d’interrogation, virgules mal placées, conversations non indiquées… Il faut souvent s’y reprendre à deux fois pour comprendre qui parle. Dommage, ces approximations parasitent la lecture. A moins qu’il ne s’agisse d’un artifice supplémentaire pour augmenter le suspense du récit !   Voir aussi :http://criminocorpus.hypotheses.org/?p=160 Et pour aller plus loin :L’encyclopédie de la gendarmerie nationale7 tomes aux éditions SPE Barthélémy http://www.librairie-spe.com/catalog/index.php?language=fr