Sherlock Holmes, film de Guy Ritchie, février 2010
février 2nd, 2010Sherlock Holmes est le personnage de fiction le plus porté à l’écran avec plus de 260 films.
Et aussi : 1900 pastiches et parodies en romans et bandes dessinées…
Avec de tels moyens, le film de Guy Ritchie aurait pu être la cerise sur le gâteau, malheureusement c’est plutôt le gâteau (indigeste) sur la cerise.
On se sent vite écrasés par les effets spéciaux, les ralentis, les cascades, la musique tonitruante, les enchaînements ultra-rapides supposés donner du rythme au film, etc.
On retrouve les ingrédients de James Bond. Pas de problème.
Manque juste l’essentiel : l’histoire. Le scénario est convenu, prévisible. Les ficelles sont grosses, comme cette histoire dérisoire de fausse pendaison. Les dialogues sont d’une totale indigence. Les quelques tentatives d’humour sont d’une lourdeur en rendre jalouse une enclume. C’est niais, c’est lourdingue. On n’y croit pas une seconde. La première demi-heure passe à peu près. Ensuite, on commence à s’ennuyer sérieusement. A la fin, on s’en fout royalement.
Film d’action nous dit-on ? j’ai surtout vu beaucoup de gesticulation inutile, de vaine agitation.
Les acteurs ne sont pas mauvais en soi. Mais avec un tel scénario, on voit mal ce qu’ils pourraient faire de mieux…
Seul point positif : l’image est exceptionnelle. La reconstitution du Londres victorien est époustouflante. Mais est-ce suffisant pour faire un bon film ?
D’où la question en sortant de là : à quoi sert ce genre de film ?
On ressent un énorme sentiment de gâchis et d’inutilité. On se prend à rêver en se demandant ce qu’auraient fait Tim Burton, Terry Gilliam ou encore Jeunet avec de tels moyens…
En attendant, si on veut voir un bon film sur Sherlock Holmes, on peut se rabattre sur :
La vie privée de Sherlock Holmes, Billy Wilder, 1970
Sherlock Holmes et le docteur Watson sont invités à une soirée des Ballets russes, sur l’initiative de la danseuse étoile Madame Petrova : celle-ci voudrait d’Holmes un enfant qui ait son intelligence et lui offre en échange un violon Stradivarius. Le détective refuse, prétextant que Watson est son « compagnon ». Un peu plus tard, un cocher amène à leur domicile une jeune femme amnésique qui vient d’échapper mystérieusement à la mort et n’a sur elle qu’un indice, l’adresse des deux hommes. Cette personne, retrouvant la mémoire, déclare s’appeler Gabrielle Valladon et demande à Holmes, qui accepte, d’enquêter sur la disparition de son mari. Le frère du détective, Mycroft Holmes, un agent du Gouvernement, le dissuade de poursuivre ses recherches…
Le secret de la pyramide, de Barry Levinson, en 1985, tiré du roman « Young Sherlock Holmes » d’Alan Arnold
À Londres en 1870, le jeune Watson fait son entrée dans sa nouvelle école. Il y rencontre un autre adolescent à l’esprit de déduction très développé : un certain Sherlock Holmes… Bientôt, Holmes et le futur docteur Watson se lient d’amitié et sont conduits à mener leur première enquête lorsque de mystérieux suicides ont lieu dans leur entourage. Sherlock est amoureux d’Elizabeth, la blonde nièce du professeur Waxflatter, inventeur farfelu vivant à Brompton. Or, deux hommes - Bobster et le révérend Nesbitt - ont trouvé la mort dans des circonstances étranges - en fait après avoir fait l’objet d’hallucinations épouvantables provoquées par une mystérieuse silhouette armée d’une sarbacane. A la suite d’une perfidie d’un élève jaloux - Dudley - Sherlock est convaincu de tricherie et expulsé, malgré la protection bienveillante de Rathe, son professeur d’escrime, et de la douce Mrs. Dribbs, gouvernante du collège. Waxflatter périt à son tour, en murmurant “Eh Tar”… Watson trouve une sarbacane, qui s’avère d’origine égyptienne. Caché chez Waxflatter, Holmes découvre l’existence du Rame Tep, une ancienne secte de fanatiques adorateurs d’Osiris qui sévit à nouveau dans un temple clandestin situé dans les bas-quartiers de Londres, où ils se livrent à des sacrifices humains. Chester Cragwitch apprend à Holmes que Bobster, Nesbitt, Waxflatter et lui-même faisaient partie d’une expédition en Egypte qui a mal tourné : depuis, ils subissent la vindicte d’un certain Eh Tar et de sa sœur…en fait Rathe et Mrs. Dribbs, l’assassin à la sarbacane. Ceux-ci enlèvent Elizabeth. Holmes et Watson les poursuivent grâce à la machine volante de Waxflatter, empêchent le sacrifice d’Elizabeth, éliminent Mrs. Dribbs et incendient le temple. Mais Elizabeth meurt frappée par une balle de Rathe destinée à Sherlock. Bouleversé, Holmes affronte Rathe dans un duel à l’issue duquel celui-ci disparait sous les glaces de la Tamise. L’aventure achevée, Holmes et Watson se séparent provisoirement. A la fin du générique on découvre que Eh Tar n’est pas mort sous la glace mais bel et bien vivant, il se rend dans un hôtel ou il choisira le pseudonyme de Moriarty…
Sherlock Holmes attaque l’Orient Express, de Herbert Ross en 1976, tiré de l’excellent roman « La solution à 7% » de Nicholas Meyer
En 1891, à cause de la cocaïne, Sherlock Holmes est retrouvé par le Docteur Watson dans un état de totale prostration. Avec l’aide de Mycroft Holmes, le docteur parvient à entrainer Sherlock Holmes à Vienne pour lui faire suivre une cure de désintoxication chez le Docteur Sigmund Freud. Puis pour sauver une inconnue enlevée par un sultan, Holmes, Watson et Freud prennent l’Orient-Express.
Le nom de la rose, de Jean-Jacques Annaud, 1986, tiré du roman éponyme d’Umberto Eco.
En 1327, alors que la chrétienté est divisée entre l’autorité du pape Jean XXII et celle de l’Empereur Louis IV du Saint-Empire, l’ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville se rend dans une abbaye bénédictine, située entre Provence et Ligurie, accompagné par son novice Adso qui est le narrateur de l’intrigue. Dans un climat de conflit théologique entre les franciscains et l’autorité pontificale au sujet de la pauvreté du Christ – servant avant tout de façade au conflit politique entre le pape et l’empereur – l’ancien inquisiteur doit reprendre sa charge à la demande de l’abbé, à la suite de la mort suspecte d’un des moines. Rapidement, ce que beaucoup semblaient considérer comme un suicide prend des allures de plus en plus inquiétantes. Lorsque l’inquisiteur dominicain Bernardo Gui se rend à l’abbaye à la demande du pape, et commence à se mêler à l’enquête, cela est loin d’arranger les choses.
Je profite de cette chronique pour signaler la sortie en poche de “Sherlock Holmes et le fantôme de l’Opéra” de Nicholas Meyer (Archi-poche). Le récit est original, sans doute moins que “La solution à 7%”, mais c’est toujours mieux qu’un scénario de Guy Ritchie…
Quelques idées aussi dans ma chronique TV consacrées à des parodies de Sherlock Holmes :
http://www.canalcoquelicot.fr/?page=videosmag&videoc=/hebdos/bob/bob10.wmv

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