La plage, de Marie Nimier

Quel curieux livre que le nouveau court roman de Marie Nimier… Un huis-clos à trois : 1+2, 2+1. Un ou une. C’est l’inconnue. Dont le passé nous l’est tout autant, à part quelques bribes. L’inconnue revient sur cette plage du bout du monde. D’un autre monde qui n’est pas le sien, où la nature n’est pas douce, où il fait chaud, trop chaud, si chaud que tout a fondu, et ses souvenirs aussi. L’inconnue arrive à la plage du bout du monde dépouillée de ses bagages, et presque de ses souvenirs donc. Celui de son père qui l’accable et celui de son amour perdu qui l’envahit. Sur cette plage, elle voudrait être vierge.

Mais sur cette plage,  elle trouve deux inconnus installés dans « sa » grotte, celle où elle était déjà veneu avec l’amour perdu : 2+1, 1+2. Ça n’était pas prévu dans ses plans. Alors elle se cache et les observe. Les écrit, les dessine. Puis le contact, d’abord violent, se fera. 2+1, 1+2. Le colosse et la petite l’accueilleront dans leur grotte et commencera dès lors une curieuse valse à trois.

L’inconnue, le colosse, la petite, c’est ainsi que la romancière désigne ses drôles de personnages. On n’en saura pas tellement plus au cours du livre et ça n’est pas nécessaire, parce que ce qui se passe sur cette plage se dit surtout entre les lignes, dans les blancs, dans les silences et dans les images qui s’impriment puissamment sur nos rétines comme dans nos esprits de lecteurs.

Car on ne sait pas bien, finalement, ce qui se passe lors de ce séjour sur la plage. Combien de temps dure-t-il? Qui sont ces personnages énigmatiques? Qu’ont-ils à partager? à échanger? C’est bien mystérieux, mais on se doute que, comme nous en refermant ce livre, ils en ressortiront légèrement modifiés.

La plage, de Marie Nimier, est paru chez Gallimard (collection blanche).




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