Le cœur du problème, de Christian Oster

Rentrée littéraire, suite. Christian Oster a publié — chez l’Olivier, qui est désormais sa maison d’édition, lui dont l’œuvre est « so-Editions de Minuit » — son nouveau roman, dans la plus parfaite discrétion. C’est-à-dire qu’il n’aime pas tellement déranger, à l’image de ses personnages en général, et de celui de ce Cœur du problème, Simon.

Simon agit sans faire de bruit, sans se faire mousser. Vous allez me dire que, quand on enterre un cadavre sous ses plants de tomates, il vaut mieux faire dans la discrétion… En même temps, ça n’est pas lui qui l’a réduit à cet état de cadavre, cet homme-là. Avant cela, il était bien vivant, et même plutôt séduisant, vraisemblablement, puisque c’était l’amant de sa femme. Sa femme, ah oui! C’est elle qui l’a poussé par-dessus la balustrade de la mezzanine. Il l’avait bien cherché, apparemment. On ne sait pas bien ce qui s’est passé, mais on sait qu’elle en a profité pour quitter son mari.

Alors, on reprend : Simon, un beau jour, ou peut-être une nuit, se retrouve sans femme et avec cadavre à dissimuler. Car il n’a même pas l’idée d’aller s’en débarrasser chez les gendarmes du coin. Il préfèrera d’abord le balader dans le coffre de sa voiture, avant de prendre une décision, ce qu’il n’aime guère. Les gendarmes, il se trouve qu’il va s’y confronter, et même devenir plus ou moins ami avec l’un d’entre eux, qui prend sa retraite. Avec Henri, il va jouer au tennis en tenue de ville, boire du thé (qu’il déteste) et partir en week-end avec sa femme. Celle d’Henri, puisque la sienne l’a quitté. Peut-être qu’il aura une histoire avec sa belle-sœur. Celle d’Henri, parce qu’il n’a aucune intention d’avoir une histoire avec sa propre belle-sœur.

Des intentions, de toute façon, Simon n’en a guère. C’est même sans doute cela, le véritable  « cœur du problème ». A force de laisser les choses décider pour lui, Simon se met dans des situations périlleuses, avec le plus grand flegme et même une certaine élégance.

De même que Christian Oster, avec beaucoup d’élégance aussi et un indéniable sens du comique, tisse autour de lui un polar sans dénouement. Un roman mystérieux, vaguement inquiétant, qui n’oublie pas d’être extrêmement drôle. Lu et approuvé!

Le cœur du problème, de Christian Oster, est paru aux Editions de l’Olivier




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