« Mai 67″, de Colombe Schneck

Dans une scène de « Vie privée », de Louis Malle, Brigitte Bardot se fait insulter par une dame qui la reconnaît dans un ascenseur. Cette scène a réellement existé, et on n’a pas de mal à l’imaginer, tant l’actrice a cristallisé, déjà il y a cinquante ans, toutes les passions, de la haine à l’adoration. C’était la plus belle femme du monde. La plus libre. Et la plus fragile, aussi.

Quelques années plus tard, Louis Malle tournait à nouveau avec elle un film à sketches à Rome. Et c’est sur le tournage de ce film que Brigitte, qui signait alors ses lettres d’un simple « Bri », a repéré ce jeune homme, F., assistant costumier fasciné par le cinéma et ses vedettes. Dans les années 60, coucher avec une fille, c’était le jackpot. Et lui était arrivé à ses fins quelques fois, notamment avec sa fiancée officielle. Il ne savait pas comment on aimait. Aussi, lorsqu’il a reçu cette invitation de la star à venir lui raconter une histoire dans sa chambrette, il a vraiment cru qu’elle voulait une histoire. C’est mignon. Mais elle, elle savait très bien ce qu’elle voulait et qu’aucun homme ne pouvait lui refuser. Elle voulait se consoler de son « mariage de pacotille » avec le playboy Gunter Sachs, qui avait parié qu’il l’épouserait dans l’année. Bri ne savait pas rester seule. Et quand elle l’était, elle se trouvait un nouvel amant. Ce qui ne lui était pas difficile.

Pourtant, avec F., pendant les dix semaines qu’a duré leur idylle, Bri semblait sincère lorsqu’elle lui disait qu’eux, c’était différent. Qu’eux, c’était beau. Mais eux, ça a duré le temps d’un été, le « summer of love », en 1967. Et F. a cru rêver qu’il avait partagé le lit et le quotidien de la plus belle femme du monde, qui l’ai aimé si simplement, avec toute la grâce et tout le naturel du monde.

La romancière Colombe Schneck imagine qu’il lui écrit une lettre, dans laquelle il se souvient de chaque détail de cette histoire. Comme elle a d’ailleurs imaginé l’histoire, se renseignant sur Bardot auprès de ses anciens amants. Et signe à travers elle un joli portrait de cette jeune femme qui fut si touchante et si fascinante.

Mai 67, de Colombe Schneck (Editions Robert Laffont)




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