La Commission Centrale de l’Enfance / THEATRE

La Commission Centrale de l’Enfance, c’est une association qui a été crée après la deuxième guerre mondiale pour s’occuper des enfants des Juifs disparus, et notamment pour les emmener en colonie de vacances. Progressivement, cette association, qui a disparu dans le courant des années 80, s’est ouverte aux enfants de Juifs communistes, dont était David Lescot.

David Lescot est auteur, dramaturge, il a publié plusieurs pièces, qu’il a montées, aussi, car il est metteur en scène, et qu’il a parfois jouées, puisque — encore une corde à son arc — il est également comédien, pour lui, et pour les autres. En l’occurrence, à la Maison de la Poésie, les cordes qu’il pince sont celles d’auteur, de comédien, de metteur en scène, et de musicien, et, accessoirement, ce sont celles de sa guitare « Tornado », tout droit venue de l’ex-bloc soviétique, comme il se doit, une belle guitare électrique rouge tchèque, dont il joue comme d’une guitare acoustique.

Il dit ses mots, David Lescot, il dit ses souvenirs de colo et son engagement très relatif dans la cause « communiste », dont il ne comprend pas, enfant, qu’on la mélange avec la cause « socialiste ». Il dit une virée dans la tente des filles, il dit les lieux de l’enfance heureuse, il dit les séparations en larmes, après des semaines estivales de partage et de convivialité, il dit les textes des chansons, il les chante même. Non. Il les sussure. Car il faut tendre l’oreille pour entendre les mots doux et drôles de David Lescot. On est dans le minimalisme le plus absolu.

D’ailleurs, la mise en scène est réduite à son plus simple appareil : un homme en T-shirt, jeans et tennis, qui pourrait être sorti du public, un tabouret industriel (tendance, mais discrète, la tendance), et la fameuse guitare rouge, qu’il prend, qu’il pose, qu’il prend, qu’il pose. Parfois, et c’est là la plus grande audace de la mise en scène, David Lescot se lève. Mais il ne bouge pas. C’est comme sa voix, c’est comme ses mots.

Qu’il est discret, cet homme-là… On n’en perd pas une miette donc, pour saisir la moindre inflexion de voix (rare), on sourit. Parfois, le sourire se transforme en un éclat de rire, bref, parce qu’il faut vite se taire pour entendre la suite. Ben oui, puisqu’il ne hausse jamais le ton. David Lescot ne déclame pas, ne fait pas « du théâtre » et pourtant c’en est, du théâtre, aucun doute. Il crée le spectacle avec rien, avec des mots et des regards. Et c’est là sa grande réussite.

« La Commission Centrale de l’Enfance » est repris à la Maison de la Poésie, au sous-sol! Une trentaine de places à peine, dans cette salle qui reste éclairée : on est les yeux dans les yeux avec le comédien qui, habile, sans trop en faire, accroche votre regard et, avec, votre attention. Le spectacle est joué jusqu’au 9 novembre, j’espère qu’il sera prolongé pour que vous puissiez tenter l’expérience. Elle est intime, elle est douce, elle est tendre. Comme celui qui vous y invite. Allez-y.




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