Blanche-Neige par Angelin Preljocaj / DANSE

« Blanche-Neige » vu par Angelin Prejlocaj, c’est d’abord le choix d’un musicien, Gustav Malher. Ça vous met dans l’ambiance douloureuse et tourmentée. C’est aussi — ça pourrait paraître anecdotique, mais il faut commencer par là —, le choix d’un univers esthétique gigantesque et anguleux, avec des costumes de Jean-Paul Gaulthier. « Blanche-Neige » vu par Preljocaj, c’est l’opposition de la candeur à la violence plus qu’à la méchanceté, c’est l’opposition du bien-être à la souffrance.

Blanche-Neige, le personnage, est une jeune personne au teint diaphane, drapée dans une « robe » blanche. Il y a cette lumière, toujours, qui l’enveloppe, à l’image de sa pureté et de sa bonté. Tout le contraire, bien sûr, de sa belle-mère qui n’est pas méchante, non, plus que ça : elle a mal. Elle, elle est maquillée façon expressionniste et corsetée dans une tenue noir en latex, sorte de Cat-Woman sur talons aiguille, accompagnée d’ailleurs de deux créatures aussi noires que félines. On n’y va pas avec le dos de la cuillère dans les symboles, chez Prejlocaj. Mais qu’importe, le charme opère dans cette pièce qui a tout pour être glaciale et qui ne l’est pas, miracle.

De l’histoire de Blanche-Neige, on se souvient tous de deux épisodes frappants. Le premier, c’est la scène du « Miroir, ô mon miroir, dis-moi qui est la plus belle » et le chorégraphe s’en sort à merveille avec un miroir géant fait d’ombres et de lumière. La seconde, c’est celle de la pomme empoisonnée qui, ici, se révèle d’une violence folle, dans l’affrontement entre les deux personnages féminins. Et c’est l’une des plus belles scènes de ce spectacle envoûtant. Pour la danse, on casse les codes du classique, on se joue du menuet, on n’a pas peur de la matière, et l’on ne se prive pas du plaisir du ballet… Angelin Preljocaj, après quelques expériences radicales, revient à la narration classique, celle d’une histoire, avec un début et une fin. « Il était une fois… » Dès la première scène qui affiche la couleur (noire) de la violence, on est tenu en haleine par ce « Blanche-Neige » créé pour 26 danseurs à la dernière Biennale de la Danse de Lyon. On est assez balloté, et ému, mais on n’a pas vraiment peur… puisqu’on sait, de toute façon, qu’ « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants!

« Blanche-Neige » est présenté jusqu’au 25 octobre dans la Salle Jean-Vilar (la grande) du Théâtre de Chaillot, à 20h30 (à 15h le dimanche, relâche le lundi). Le spectacle dure 1h50 sans entracte. Pour le métro, c’est Trocadéro.




2 réponses à “Blanche-Neige par Angelin Preljocaj / DANSE”

  1. zog dit :

    très bien écrit. merci !

  2. DoDie dit :

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